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Pendant 3 jours, pendant le Salon du Livre Ancien, de l’Estampe et du Dessin, pendant Une Saison de Nobel (série de lectures consacrées aux auteurs Prix Nobel de littérature), dans le Grand Palais à Paris, les 29,30 et 1er mai 20011, j’ai vu deux photographes, Philippe Busser et Francesco Formisano, saisir l’instant à chaque instant, à chaque fois que je tournais la tête vers eux, à chaque fois que je ne savais pas qu’ils étaient là mais ils étaient là dans mon champ de vision et je ne croisais pas leur regard, car leur regard était dans le viseur d’un appareil photographique. Ils regardaient, ils choisissaient, ils soupesaient, ils visaient et déclenchaient la prise d’une ou plusieurs photos. Une sorte d’accompagnement, de présence silencieuse et solidaire ponctuait la venue des acteurs et des intervenants devant un public attentif et recueilli. Et le résultat est visible sur cette série de photographies où un recueillement, une vérité et une joie, la beauté des êtres se font sentir. Merci à vous deux.
Anny Romand
Anny Romand
Un violoncelle silencieux écoute Elena Balzamo et Philippe Bouquet retracer la vie de Harry Martinson, Prix Nobel en 1974, « pour une œuvre littéraire qui saisit la goutte de rosée et reflète le cosmos. ». Anny Romand et Olof Orloff en suédois vont lire ensuite des fragments du roman Il faut partir et des strophes du long poème galactique Aniara (Editions Agone) accompagnés par Kerstin Elmqvist au violoncelle avec une suite d’œuvres populaires suédoises.

Stéphane Michaud connaît très bien Mario Vargas Llosa, péruvien, Prix Nobel 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l’individu, de sa révolte, de son échec. » En effet, ensemble ils ont publié De Flora Tristan à Mario Vargas Llosa, deux siècles de relations Europe latine Amérique latine et Flora Tristan, la Paria et son rêve. Correspondance (Presses Sorbonne Nouvelle). Et Bernadette Le Saché et Joaquina Belaunde en espagnol lisent la nouvelle de Mario Vargas Llosa Un Rasta à Berlin traduite par Albert Bensoussan et éditée aux Cahiers de l’Herne.

Irène Jacob lit la nouvelle L’Oiseau de Isaac Bashevis Singer tirée du recueil Les aventures d’un idéaliste (Stock) sous l’œil attentif de Florence Noiville auteur d’une très belle biographie de Singer et Marie-Pierre Gracedieu, l’éditrice.
Dans cette nouvelle, I B Singer Prix Nobel 1978 « pour son art narratif plein des passions qui, plongeant ses racines dans une tradition culturelle judéo-polonaise, incarne et personnifie la condition humaine universelle. » met en scène une perruche perdue frappant au carreau de l’appartement de Singer un soir d’hiver à New York. La délicatesse de l’expression écrite se marie avec bonheur avec la délicatesse de l’expression orale. Et puis cet oiseau n’est-il pas la femme tant aimée réincarnée ?
Gao Xing Jian, prix Nobel 2000 « pour une œuvre d’une portée universelle, marquée d’une amère prise de conscience et d’une ingéniosité langagière, qui a ouvert des voies nouvelles à l’art du roman et du théâtre chinois. » nous fait l’honneur de sa présence, de son sourire lumineux et de son attention très particulière aux êtres et aux idées. Anny Romand et Jean-Jacques Moreau lisent l’intégralité de la pièce de théâtre écrite en français, Le Quêteur de la mort (Seuil). Aliette Armel, romancière, tire avec lui le fil de la création artistique contemporaine, fil qui est le sujet de la pièce de théâtre.
Et puis voici François Kersaudy, Monsieur Churchill pourrait-on dire, puisqu’il a écrit une solide et talentueuse biographie et traduit à nouveau Les Mémoires de guerre Tomes 1 et 2 (Editions Tallandier). Il nous fait l’honneur de lire Sir Winston Churchill, Prix Nobel 1955 « pour la perfection avec laquelle il présente la matière historique et biographique ainsi que pour l’éloquence brillante avec laquelle il s’est fait le défenseur de hautes valeurs humains. » dans le texte anglais avec son accent et son phrasé très particuliers.
Les enthousiastes Anne Prouteau, secrétaire des Etudes Camusiennes et Florence Colombani, auteur et réalisatrice, nous évoque Albert Camus, Prix Nobel 1957, « pour son importante œuvre littéraire qui met en lumière avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Denis Podalydès lit Le Premier homme (Gallimard), roman inachevé trouvé sur lui lors de son accident mortel de voiture en 1960.